




DANS CE BILLET, JE DONNE QUELQUES TEXTES (QUI NE SONT LAS DE MOi MAIS DE REVUES D’ART), DES PHOTOS DE FRIDA KAHLO ET DIEGO RIVERA, COUPLE MARIÉ REMARIÉ, SUBLIMES ET TUMULTUEUX. ET BIEN SUR QUELQUES UNES DE LEURS OEUVRES.
A 16 ANS, J’AVAIS ACCROCHE DERRIERE LA PORTE DE MA L’AUTOPORTRAIT DE FRIDA, DANS SA ROBE DE VELOURS ROUGE. J’EN ETAIS AMOUREUX, FOLLEMENT AMOUREUX ET NE COMPRENAIS PAS SON AMOUR FOU POUR L’ENORME ET VIEUX DIEGO. (J’AI CHANGE D’AVIS TANT LEUR AMOUR EST SIDERAL)
CETTE REPRODUCTION DANS LA CHAMBRE D’UN JEUNE HOMME N’ÉTAIT AUCUNEMENT LE SUPPORTS À DES RÊVES ÉROTIQUE. J’AFFIRME ICI QUE, PORTE FERMÉE, ET, PARTANT FRIDA ACCROCHÉE PAR DEUX PUNAISES ROUILLÉES ,J’ÉTAIS SUBJUGUÉ, AVANT DE M’ENDORMIR, PERSUADÉ QUE JE CONNAISSAIS DÉSORMAIS L’UNIVERSALITÉ DE LA BEAUTÉ, SON CONCEPT, SON IDÉE PLATONICIENNE.
Puis j’ai simplement aimé Frida,.femme et peintre et Diego comme peintre toujours sidéré par son immense ventre qui n’allait pas avec Frida.
Je donne ci-dessous ma reproduction

Frida Kahlo et Diego Rivera, les amants terribles (connaissance des arts)
Frida Kahlo et Diego Rivera sont, évidemment des sublimes. Je vole un excellent articles, dans « Connaissance des arts », excellente revue (Par Valérie Bougault le 14.02.2020 mis à jour le 27.05.2022) sur ces deux artistes, avant de proposer une galerie des deux, que je réunis pour la postérité, leur séparation n’étant qu’un accident.
Frida Kahlo (1907-1954) et Diego Rivera (1886-1957), la colombe et l’éléphant, font parties des couples d’artistes les plus connus de l’histoire de l’art. Alors que Frida Kahlo est célébrée actuellement au Centre Pompidou, dans le cadre du parcours #PompidouVIP, retour sur la vie de cet iconique couple de peintres des temps modernes.

Jamais prénom ne fut plus farouchement revendiqué. Jamais il ne fut si peu en accord avec la personnalité de celle qui le porta. Paradoxe ? Au père de Frida Kahlo, un Allemand immigré en terre mexicaine qui souhaitait donner à sa fille ce beau nom de « paix », dans sa langue natale, le prêtre opposa qu’il n’existait pas de sainte Frida. On le relégua donc en troisième position, où Magdalena Carmen Frida alla le rechercher et s’en fit un étendard pour la vie. Mais les dieux, catholiques ou aztèques, sont têtus et eurent le dernier mot : la paix fut toujours un concept plus poétique que réaliste dans l’histoire de Frida. André Breton la gratifia d’un commentaire surréaliste : « L’art de Frida Kahlo de Rivera est comme un ruban autour d’une bombe ».
De l’art tiré d’une vie tragique
La poésie, justement. Âpre et cruelle, parfois cocasse, elle enrobe sa vie tel le réseau des veines qui font battre son cœur. « Jamais auparavant, une femme n’avait créé de poésie aussi déchirante sur la toile », écrit Diego Rivera en 1932, alors que Frida manque de mourir d’une fausse couche à Detroit. De cet épisode tragique, elle tirera Henry Ford Hospital, une petite huile sur métal, très semblable à un ex-voto. On la voit nue, couchée sur un lit de fer dans une mare de sang, entourée d’images flottantes : un fœtus, une orchidée, un appareil à stériliser… Frida a demandé à Diego un manuel de médecine illustré, que les médecins lui refusaient, craignant le traumatisme. Rivera leur a répondu : « Vous n’avez pas affaire à n’importe qui. Frida va en faire quelque chose. Une œuvre d’art ». En effet. De l’ex-voto, Frida l’athée emprunte seulement la faculté de sacraliser le moment, pas plus, pas moins. Pas besoin d’invoquer un saint protecteur, jamais la douleur ne sera rédemptrice. Mais l’art lui donne le courage de la vivre.
Une jeunesse brisée
Elle le sait mieux que personne, elle dont la souffrance est la compagne ordinaire, son chaperon depuis l’enfance, À 8 ans, Rida l’espiègle est frappée par la poliomyélite, qui lui laissera la jambe droite atrophiée. « Data de palo », Frida la bancale. Une entrée en matière… Le 17 septembre 1925, elle s’installe avec son amoureux d’alors au fond d’un de ces bus qui sillonnent Mexico. Le reste relève du film d’horreur. Un tramway glisse vers le bus en pleine course, qu’il percute en son milieu. Le bus plie puis explose. On dégage des morts des décombres. La colonne vertébrale de Frida est brisée, son épaule démise, sa jambe droite en morceaux, son pied écrasé. Comme si cela ne suffisait pas, elle a été transpercée au niveau du bassin par une barre de fer. Mais l’ange du bizarre est passé par là : le sachet de poudre d’or que transportait un artisan s’est rompu sous le choc, son contenu a couvert d’un voile resplendissant le corps nu et sanglant de Rida. Les passants s’écrient « La bailarina ! », croyant qu’il s’agit d’une danseuse échouée sur le macadam.
Un changement de vie
La vie de Frida Kahlo change de voie. Plus question d’études de médecine. C’est en patiente qu’elle va s’y confronter. Commence alors l’épuisante ronde des chambres d’hôpital, des opérations, des corsets et des appareils orthopédiques, des traitements expérimentaux, aussi, qui ne s’arrêtera qu’avec sa mort. La jeune fille reste allongée sur le dos des semaines entières. Elle lit Proust, Bergson… Puis sa mère accroche un miroir au baldaquin du lit, lui bricole un chevalet, son père lui apporte une boîte de couleurs. Peindre, et échapper à l’enfer de l’ennui. Très vite, l’autoportrait s’impose. En cinquante-six autoportraits (un tiers de son œuvre) et trente années, son art va parcourir le champ clos de ce genre. Du premier Autoportrait la robe de velours, silhouette à la Modigliani, jusqu’au quasi ultime Autoportrait avec Staline, elle trace son autobiographie, révélant, selon Carlos Fuentes, « les identités successives d’un être en devenir d’un être qui n’est pas encore ». La Colonne brisée (1944) témoigne avec une force inégalée de son angoisse.
Un saint Sébastien moderne
Après une énième intervention chirurgicale, Frida s’est représentée nue, enfermée dans un harnachement orthopédique, constellée de clous telle un saint Sébastien moderne. Son corps béant découvre une colonne ionique lézardée, fichée dans ses entrailles. Ce corps supplicié, sacrifié, c’est aussi celui que ses artistes préférés, Brueghel, Bosch, lui ont montré dans leurs danses macabres. Et il faut compter également avec Goya et Van Gogh, et encore Rembrandt, Blake et le Douanier Rousseau, plus quelques fragments de l’histoire aztèque et des traditions populaires : Frida est née dans ce Mexique qui revendique une identité affranchie du joug occidental ; elle collectionne les ex-votos et les Judas en papier mâché, ces squelettes dont on fait un feu d’artifice le jour des Morts. À ce mélange, on doit ajouter la lecture de Freud et de Jung. Pour être autodidacte, Frida Kahlo n’est ni inculte ni ingénue et sa peinture est nourrie d’une vaste culture.
Diego Rivera, le mentor
Et puis, bien sûr, il y a les échanges avec Diego Rivera, son mentor, son alter ego. Rivera, le plus grand peintre mexicain. Diego, son époux et son frère, son tourment et sa félicité, sa victoire et sa défaite. Diego dont elle écrira: « J’ai eu deux accidents graves dans ma vie. L’un, c’est quand un tramway m’a écrasée. L’autre, c’est Diego ». Elle a 15 ans quand elle le découvre, peignant des fresques dans l’amphithéâtre de son école. En 1928, elle le retrouve chez Tina Modotti, photographe italienne installée à Mexico et inscrite au Parti communiste, comme elle. Elle lui montre ses peintures, il l’encourage, ils se marient le 21 août 1929. Union de « l’éléphant et de la colombe », improbable, incertaine, mais qui va occuper leur vie entière, avec fracas, et les faire entrer ensemble dans la légende.

Diego, son seul fils
À 41 ans, Diego Rivera est un muraliste mondialement connu. Entre 1907 et 1920, il a vécu en Europe et fréquenté à Paris Modigliani (qui fait son portrait), Picasso, Apollinaire, l’historien Élie Faure et tous ceux qui font Montparnasse. Communiste, il rejoint en 1927 Moscou, où il peint une fresque pour le Cercle de l’Arillée Rouge. Il a eu des enfants un peu partout. Après trois grossesses avortées, Frida doit renoncer à la maternité : le seul fils qu’elle aura, c’est Diego, dit-elle. Sa passion pour lui prend toutes les formes de l’amour, et lui ne peut se passer d’elle : deux ans après leur divorce, en 1938, il l’épouse à nouveau, à San Francisco. On réclame les fresques de Diego en Californie, à Detroit, au Rockfeller Center à New York, elle voyage avec ce colosse habité de forces telluriques et son univers s’élargit au monde.
Elle s’est créé un style vestimentaire unique, inspiré des femmes de Tehuantepec : vastes jupes colorées, bagues à tous les doigts, parures de jade précolombiennes, rubans et peignes dans ses cheveux tressés en couronne. Une allure de gitane céleste ou de déesse aztèque qui séduit, ô combien, monsieur et madame Trotski, accueillis en exil en 1937 dans la sublime Casa Azul, maison natale de Frida, enfouie sous les bougainvillées et refuge de tous les colibris de Coyoacan. Illico, le fondateur de la IVe Internationale vit avec elle une liaison secrète. En cadeau de rupture, Frida lui adressera un splendide portrait d’elle, aujourd’hui considéra comme la Joconde d’un musée de Washington…
Le désastre parisien
Ce sont peut-être ses jupons brodés de dictons grivois et sa liberté de parole (Frida jure comme un charretier) qui enthousiasment André Breton, débarqué en 1938. Le pape du surréalisme est subjugué par la peinture de Frida. Elle, beaucoup moins par lui. Elle refuse la récupération surréaliste mais accepte l’invitation à exposer à Paris, après le grand succès de sa première exposition monographique à New York en octobre 1938. Paris est un désastre. Breton ne tient pas ses engagements, aucune galerie ne l’attend et les intellectuels français lui donnent envie de vomir. « Marcel Duchamp m’a beaucoup aidée, c’est le seul de tous ces pourris qui est un vrai mec. » Finalement, l’exposition a lieu à la galerie Pierre Colle, mais ses œuvres sont noyées au milieu d’un bric-à-brac rapporté par Breton du Mexique, « rien que des merdes ». Pourtant. Picasso, impressionné, lui offrira des boucles d’oreilles. Elsa Schiaparelli intitule une de ses robes Madame Rivera. La légende Frida Kahlo est en marche. Longtemps, elle va occulter son œuvre. De ce séjour parisien, il est resté The Frame (1938). Ce petit autoportrait est conservé aujourd’hui au Centre Pompidou et mis à l’honneur dans le parcours #PompidouVIP du musée.
Diego, l’admirateur
Diego, lui, tout infidèle et dévorant qu’il est, ne perd jamais de vue l’artiste. Il démarche pour elle ses relations, fera de la Casa Azul un musée Frida Kahlo. Surtout, il parle de son travail, et si bien : « Je vous la recommande, non en tant qu’époux, mais comme admirateur enthousiaste de son œuvre, acide et tendre, dure comme l’acier et délicate et fine comme une aile de papillon, aimable comme un beau sourire, et profonde et cruelle comme l’amertume de la vie ».
Un autre article par le concurrent « Beaux-Artss.
Frida Kahlo et Diego Rivera, une légende mexicaine
Par Alain Vircondelet (Beaux-Arts Magazine)
Publié le 3 mai 2018 à 15h40, mis à jour le 20 janvier 2025 à 14h07
Beaux Arts revient sur le destin tourmenté de Frida Kahlo et Diego Rivera. Une passion brûlante aux couleurs du Mexique.
De nombreux clichés photographiques du couple mythique mexicain font apparaître leurs apparentes dissemblances. Frida Kahlo est aussi mince et menue que Diego Rivera est gros et massif. Elle est aussi jeune qu’il semble vieux et, pourtant, une tumultueuse fusion unit les deux artistes : même sentiment nationaliste, même sens de la couleur, même souci de la construction, même imaginaire flamboyant, même goût de la liberté, même palette violente et sauvage. Entre « l’éléphant » et « la colombe », auxquels les parents de Frida les comparaient, c’est le même désir brutal de peindre et d’incarner l’âme profonde du Mexique.
Frida rencontre Diego en 1927. Il est déjà un peintre renommé, commence à s’illustrer pour ses fresques monumentales. Elle a 20 ans à peine et, à la suite de graves problèmes de santé (poliomyélite et accident de bus qui la condamne à des infirmités lourdes), s’est mise à peindre dans son lit de souffrances. Au pied d’un échafaudage où travaille Rivera, elle l’interpelle pour lui demander son avis sur sa peinture. Rivera est très impressionné par la force qui s’échappe de Frida et de ses peintures. « Elles véhiculaient, écrira-t-il, une sensualité vitale encore enrichie par une faculté d’observation impitoyable, quoique sensible. Pour moi, il était manifeste que cette jeune fille était une véritable artiste. » Le caractère enthousiaste et impétueux de Frida s’exalte devant l’intérêt que lui porte Rivera, pourtant grand amateur de femmes. Elle l’épouse en 1929. Leur vie commune, qui connaîtra des brisures et des infidélités nombreuses, ne cessera qu’avec la mort de Frida, en 1954.

Vie de voyages et de séjour en France, aux États-Unis particulièrement où, malgré son état, Frida s’obstine vainement à vouloir un enfant de Rivera (trois fois, Frida brave l’interdiction des médecins, trois fois elle subira un avortement, cédant aux limites de son corps meurtri), d’engagements politiques révolutionnaires, de liaisons extraconjugales (au cours desquelles Frida se découvre bisexuelle), de rencontres majeures – Picasso, Miró, Matisse, Kandinsky et surtout André Breton dont l’épouse deviendra l’amie de cœur de Frida, Trotski dont elle sera la maîtresse – d’expositions à Paris ou à New York. Mais aussi vie de douleurs. Frida s’offre au regard compassionnel du monde, devient l’oblation mystique faite au Mexique. Sa souffrance force l’admiration et la stupéfaction de tous ceux qui la rencontrent.

Elle la met en scène, la transcende par des « performances » comme on dirait aujourd’hui, qui étonnent et émerveillent ses amis qui deviennent spectateurs. Ses œuvres fortes et vibrantes relatent son autobiographie. L’abondance des autoportraits montre non pas son narcissisme mais la propre mise en abîme de sa douleur. Le couple turbulent se déchire, se sépare, Frida ne supporte plus les infidélités de Rivera, y répond par des liaisons sulfureuses qui ne font que révéler son désir ardent d’unité. Ils divorcent en 1938 mais se remarient en 1940, avec la promesse de Rivera, exigée par Frida, de ne plus jamais la tromper.
Une épopée douloureuse
Frida Kahlo devient une gloire nationale et Diego Rivera reste toujours le peintre le plus célèbre du Mexique. Tous deux bâtissent leur légende où se mêlent l’exubérance sud-américaine et la piété religieuse, la lutte révolutionnaire et la misère du peuple, la souffrance et l’amour, la nature et les mythes nationaux. L’œuvre moins intime de Rivera, moins exposée aux confessions, célèbre le génie du Mexique, elle génère des mythologies, des genèses. Celle de Frida raconte l’épopée douloureuse de sa vie et l’inscrit dans l’imaginaire mexicain. Elles se croisent toutes deux cependant pour exorciser les drames d’une terre injustement répartie et d’une vie vouée à la douleur.

Chacun s’est ainsi nourri de l’autre et de lui-même pour tenter d’éveiller les consciences populaires, leur insuffler l’énergie révolutionnaire, mais aussi pour puiser au tréfonds de soi les clés qui ouvriront les portes du grand mystère. L’un, Diego Rivera, devenu héros national, prophète visionnaire des paysans et de la culture amérindienne, l’autre, Frida Kahlo, « militante intérieure » et qui, telle Simone Weil, Hannah Arendt ou encore Marthe Robin, travailla jusqu’à son dernier souffle, couchée, quasi paralysée. Mais Frida, qui fut trop idéaliste, se sentait mourir. Ni l’alcool ni la morphine ne pouvaient avoir raison de ses tortures physiques et de ses souffrances.

Les quatre dernières années de sa vie furent un véritable calvaire. Rivera est à ses côtés, mais elle ne se fait pas d’illusion. Lucide jusqu’au bout, elle écrit dans son Journal : « J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche. Car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit et je le crois. » Elle refusa d’être enterrée : « Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée », s’écria-t-elle, avec sa légendaire et tragique ironie. Rivera lui survécut trois années seulement, atteint d’un cancer. S’il bénéficia des honneurs de la nation mexicaine avec ostentation, son nom est cependant indissolublement lié à celui de sa femme. Le Michel-Ange du Mexique qui aimait à peindre sur des échafaudages savait que sa muse, qui fut aussi la passion de sa vie, en ne peignant que son propre visage, atteignait plus que tout autre peintre à l’universel et aux plus obscurs secrets de l’âme humaine.
une citation de FRIDA
Frida Kahlo : « Vous n’avez pas idée de l’espèce de vieux cafards que sont Breton et presque toute la bande des surréalistes »
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