Jacques Bosser a gardé de son enfance africaine et de ses voyages, une fascination pour le magique et les signes, qui lui ont permis de se constituer un langage pictural original.
Refusant de choisir entre représentation et abstraction, Bosser confronte volontiers les images au sein d’une même œuvre : peinture et photographie de corps féminins … incitant le spectateur à une lecture plus attentive de l’œuvre.
Bosser est également photographe, dessinateur, graveur et sculpteur.
« J’essaie de me débarrasser de toute référence pour aller chercher les formes premières, retrouver les éléments premiers qu’on a en nous … ce sont des formes très simples, cercles, spirales … qui font partie d’un inconscient collectif et rappellent une sorte d’innocence première ».
Jacques Bosser compose une image objective, c’est-à-dire qui existe au niveau de la synthèse, de la conception et de la vision du regardant, images anonymes du collectif d’humanité, à une époque où nous en manquons cruellement. Œuvres qui vont droit à l’œil et au cœur, qui chantent avec force et justesse. Chacune d’elles est aussi le fruit d’une longue patience à regarder le monde et en soi-même. Un art lucide qui regorge de patience contenue, de pudeur et d’émotion vraie. Un art qui, à mon sens, atteint par moment la dimension du sacré, comme on peut le dire de l’art africain ou de l’art roman…
Diplômé en Droit et en Lettres, puis de l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (devenu la Fémis) Pierre Desfons a toujours mené de front une activité de dessinateur et une carrière de cinéaste. D’abord assistant réalisateur de cinéma, il a été, ensuite, à la télévision, celui de Jean-Christophe Averty pour qui il a co-signé plusieurs sketchs dadaïstes où les bébés sont passés à la moulinette et où le Roi Ubu découpe ses sujets en rondelles. Il réalise, ensuite, une centaine d’émissions et de documentaires pour la Télévision, notamment dans le domaine de l’art et de l’architecture. Par exemple, » Paris Berlin » (Grand prix du film d’architecture) et « Paris New-York », à partir des expositions organisées par le Centre Pompidou, de même que » Les dernières parties de Marcel Duchamp », avec Hubert Damisch, Jean François Lyotard et Jean Clair (1er Prix du Film d’art) ou encore, « Vie et mort de l’image » d’après le livre de Régis Debray, qui évoque la longue histoire de l’image en Occident… En ce qui concerne sa production artistique, Pierre Desfons reste fidèle à l’esprit poétique et transgressif dont il s’est imprégné en fréquentant plusieurs années durant « Le collège de Pataphysique », « société de recherches savantes et inutiles », ayant compté dans ses rangs, entre autres, Jacques Prévert, Raymond Queneau ou encore Boris Vian et Umberto Ecco. L’œuvre de Pierre Desfons foisonne de visions baroques et flamboyantes via un trait graphique acéré, un art du collage strident et un humour grinçant. Son travail est régulièrement montré, en France et à l’étranger, par des galeries, des centres d’art et différents festivals (Par ex : Institut français de Chennaï en Inde, School Gallery/ Olivier Castaing à Paris, Musée de Tarascon, Festival « a-part » dans les Alpilles, FLAIR Galerie à Arles, Fondation Centre Culturel La Cupula à Mérida au Mexique). Ses dernières séries font écho aux bruits du monde et sont imprégnées d’une inquiète mélancolie.
Léda et le Cygne est une peinture à l’huile sur toile de 1530-31 du peintre italien Correggio, aujourd’hui à la Gemäldegalerie de Berlin. Il montre trois scènes de la séduction de Léda par Jupiter qui a pris la forme d’un cygne. Leur première rencontre est montrée sur le côté droit et leur amour au centre, où Léda est assise avec le cygne entre ses cuisses, le guidant avec sa main gauche. Ils sont accompagnés à leur gauche par Cupidon avec son arc et deux cupidons avec des flûtes. La troisième scène (encore une fois sur le côté droit) est le cygne qui s’envole pendant que Léda s’habille. Léda et le cygne était un sujet commun dans l’art du 16ème siècle.
par Florelle Guillaume & Inès Boittiaux (Beaux arts Magazine)
Partage Beaux-Arts Magazine (merci)
« Sur Arte, un nouvel épisode de la série documentaire Le Monde dans un tableau fait le récit passionnant du basculement dans la modernité à travers une œuvre d’Édouard Manet de 1882 où apparaît une invention toute neuve : l’électricité.
APRÈS LE CHAPEAU DE VERMEER, LE PIMENT DE VELÁZQUEZ, LE PEIGNE DE CARAVAGE ET LE DIAMANT D’INGRES, PLACE AUX LAMPES DE MANET ! Dans sa passionnante collection d’enquêtes documentaires Le Monde dans un tableau, Arte raconte une histoire méconnue de la mondialisation à travers le détail, apparemment anodin, d’un chef-d’œuvre de la peinture. Qui pourrait se douter que ces deux étranges disques blancs surgissant dans le décor effervescent d’Un bar aux Folies Bergère (1882) témoignent d’une révolution majeure du XIXe siècle, l’éclairage électrique ? Envahissant les cafés, les scènes de théâtre et les rues, la lumière artificielle remodèle alors le monde de la nuit, en fait un spectacle hypnotique pour les artistes de la modernité.
Pour remonter aux sources de cette invention, le documentaire nous transporte à 14 000 kilomètres de Paris, dans le sanctuaire japonais où Thomas Edison découvrit, en 1879, le filament de bambou, idéal pour ses ampoules à incandescence. Car l’archipel nippon, après des siècles d’isolement, s’est ouvert au monde à partir de 1868 pour connaître un rayonnement sans pareil. En France, la vogue du japonisme déferle sur l’art. L’estampe ukiyo-e, ces «images du monde flottant», inspire à de nombreux artistes des compositions décentrées aux formes simplifiées, capturant elles aussi un monde ordinaire figé dans un instant d’éternité. Comme Suzon, la serveuse des Folies Bergère statufiée par cette lumière crue que jettent sur elle les deux globes lumineux reflétés par un miroir. Et si c’était eux la clé de cette fabuleuse énigme picturale truffée de faux-semblants qu’a laissée le peintre un an avant sa mort ? Dans un brillant jeu de pistes, la voix malicieuse du comédien Vincent Dedienne nous promène librement du tableau à la scène et de Kyoto à Paris, à la rencontre d’un éclairagiste des Folies Bergère, d’une éditrice d’estampes à Tokyo et d’un ancien mineur du nord de la France pour mieux éclairer, à travers le génie de Manet, l’histoire kaléidoscopique de la modernité. FG
Le Monde dans un tableau – Les lampes de Manet de Nicolas Autheman (1 h 15) • sur Arte le 1er mars à 17 h 25 sur france.tv, Canal+ et TF1+ jusqu’au 30 mai »
EXTRAIT DU MAGAZINE DU GRAND PALAIS Secrets et mensonges dans la peinture de Vallotton. 7 NOVEMBRE 2013, EXCELLENT SITE (https://www.grandpalais.fr/fr/magazine)
Les scènes de la vie intime ou conjugale sont une composante majeure de l’œuvre vallotienne. Donnant lieu à des interprétations symboliques où l’intensité des passions n’est jamais loin du conflit entre pulsions et interdits. Sensible au beau sexe, l’artiste n’est pas de bois. Pour autant, la situation s’avère plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord. Sans céder au portrait facile de l’artiste en « chaud lapin » frustré, on serait tenté d’analyser (au sens freudien) l’homme dans toute sa complexité. A lui seul, l’impossible synthèse de l’amant impétueux et du critique implacable. « Un érotomane et un mécanicien-ajusteur », écrira Léon-Paul Fargue.
Chez cet artiste au tempérament réservé, adepte du self-control, le refoulement, la pulsion, l’idée du mensonge sont omniprésents. Les sentiments surgissent, parfois violents, enfouis sous les apparences du plaisir. Le spectateur (voyeur ) entre alors, à son corps défendant, dans le domaine de son inconscient (et du sien). Non sans humour, à travers une forme de théâtralité, dénotant à l’occasion un soupçon de perversité. Vallotton garde ses distances. Une distanciation qui en dit long sur sa relation aux femmes, entre adulation et défiance. Enigmatique, proche de l’incommunicabilité. Pour mieux jouir du spectacle ? En 1919, le peintre écrit dans son Journal : « Il me semble que je peins pour des gens équilibrés, mais non dénués toutefois, – très à l’intérieur – d’un peu de vice inavoué. – J’aime d’ailleurs cet état qui m’est propre aussi. »
On a pu parler de double féminin. Certaines de ses mises en scène sont lourdes de sous-entendus. Un érotisme équivoque, inspiré du maître Ingres – la sensualité débordante en moins. Ces corps qui l’affolent sont corsetés par une ligne de contour qui enserre les formes. Froides, intéressées, ses femmes ne semblent s’abandonner que pour mieux anéantir le malheureux ayant succombé à ses charmes. Ailleurs, Vallotton dénonce la névrose sociale du mariage. A ses yeux, ni plus ni moins qu’un carcan bourgeois, réduisant l’idéal amoureux à des rapports de domination, d’intérêts. Des êtres poussés à la caricature (Homme et femme ou Le viol ; La haine). Le contrat amoureux y est indissociable de l’argent. La séduction va de paire avec la tromperie (Le Provincial, La Chaste Suzanne). Constat accablant. Frustration, délire de persécution obsessionnel ou réquisitoire lucide ?
IL NE PEINT PAS QUE DES MENSONGES…
QUELQUES MINUTES DE VIDEO SUR VALLOTTON, BIEN REALISE :
FÉLIX VALLOTTTON (1865–1925) EN BREF PAR BEAUX-ARTS MAGAZINE
Le plus français des peintres suisses est aussi un acteur du mouvement nabi – ses camarades le surnomment le « Nabi étranger ». Félix Vallotton, artiste pourtant solitaire au sein de la mouvance symboliste, est doté d’un humour féroce mis au service de la presse anarchiste ou d’une vision désabusée de la vie bourgeoise. Son style net et réaliste se caractérise par sa crudité. La ligne domine, les couleurs franches s’opposent. Graveur de talent, il est l’un de ceux à avoir livré les images les plus modernes de la Grande Guerre.
Félix Vallotton, Autoportrait à l’âge de 20 ans, 1885 i Huile sur toile • 70 × 55,2 cm • Coll. Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne
Il a dit
« La caractéristique chez moi est le désir d’exprimer par la forme, la silhouette, la ligne et les volumes. »
Félix Vallotton en quelques dates
De la Suisse à Paris
Félix Vallotton est né en Suisse, pays dont il porte la seule nationalité jusqu’en 1900 – date de sa naturalisation française), dans une famille de la bourgeoisie protestante. Bachelier, arrivé à Paris avant l’âge de 20 ans, il fréquente les académies de Montparnasse tout en passant le concours des Beaux-Arts. Il se rêve portraitiste, en admirant les grands peintres du Louvre. Nous sommes au temps du postimpressionnisme, de la mort de Vincent van Gogh, du culte rendu à Paul Gauguin par une poignée de jeunes symbolistes, les futurs Nabis.
Un graveur nabi
L’artiste est introduit dans ce cercle en 1891 par Édouard Vuillard, et devient l’un des contributeurs de La Revue blanche fondée par les frères Natanson. Il pratique la gravure sur bois dès les années 1890, à une époque où elle est supplantée par la lithographie (images en couleurs). Avec un humour corrosif et un sens aigu de la composition, Vallotton se plaît à illustrer des thèmes sociaux, dans une manière franche (privilégiant les contrastes violents, s’inspirant des maîtres japonais) et contribue à de nombreuses revues comme L’Assiette au beurre ou Le Courrier français.
Le choix de la peinture
En 1899, Vallotton fait un beau mariage en s’unissant à la fille de l’un des principaux marchands parisiens, Alexandre Bernheim. Il s’embourgeoise et s’éloigne de ses amis de la bohème. Ses travaux dans les revues symbolistes, à tendance anarchiste, n’étant guère du goût de sa belle-famille, Vallotton se tourne plus franchement vers la peinture.
Peintre de la vie moderne
L’artiste est un adepte de l’humour noir et du sous-entendu. Son réalisme est franc, souvent un peu glacial, comme Jean-François Millet, l’un de ses peintres de prédilection. C’est aussi un admirateur de Nicolas Poussin et de Jean-Auguste-Dominique Ingres, deux artistes de la ligne. Peintre de la figure humaine, Vallotton ne cède jamais à l’idéalisation. Son style est à la fois classique et épuré, teintée parfois de naïveté ou d’une inquiétante étrangeté… Comme Édouard Manet, auquel il a été comparé, le peintre saisit la vie moderne, s’intéressant aux faits mineurs, aux intérieurs, à la solitude et à la promiscuité. Vallotton privilégie des perspectives dynamiques, en contre-plongée ou en plongée, des choix peut-être liés à sa pratique photographique assidue.
Un précieux témoignage de la Grande Guerre
Lorsque la Grande Guerre éclate, l’artiste aurait souhaité s’engager aux côtés des combattants français mais il est trop âgé. Vallotton obtient cependant en 1917 une mission aux armées qui lui permet de se rendre près du front. Il en rapporte des œuvres marquantes, d’une grande modernité.
Une œuvre prolifique jusqu’à sa mort
Touché par un cancer, il s’éteint en 1925 après avoir renoué avec le succès. Il laisse une œuvre prolifique composée de 1 700 peintures, 200 gravures, des milliers de dessins, ainsi qu’une œuvre littéraire (romans, pièces, traités sur l’art…).
Félix Fénéon et Vallotton avaient des points communs – en dehors de leur prénom –, notamment leur adhésion aux idéaux anarchistes. Ils se fréquentent dans le cadre de La Revue Blanche, dont Fénéon est le secrétaire de rédaction de 1896 à 1903. Vallotton le représente à son bureau, dans une ambiance nocturne. La seule touche de couleur vive est apportée par le verre de la lampe de bureau. Fénéon est plongé dans ses papiers, imperturbable, absorbé par son travail.
Vallotton est renommé pour ses xylographies, grâce à un trait formidablement expressif et à de forts contrastes entre zones blanches et zones noires. Issu de sa série « Intimités », cette estampe est parue dans la Revue blanche en 1898. Par le titre, on comprend que le magnifique enlacement des deux amants, qui fait songer à Edvard Munch, n’est donc qu’un faux-semblant et qu’une trahison affleure sous la tendresse. Vallotton a représenté, avec parfois beaucoup de cruauté, les rapports complexes entre homme et femme au XIXe siècle.
C’est un des plus fameux tableaux de l’artiste, étonnant par sa composition nettement coupée en deux et inspirée des estampes japonaises. Sur le registre inférieur, inondé d’un jaune solaire, un enfant est saisi en pleine course depuis un point de vue élevé. Au-dessus de la longue courbe qui traverse le tableau, deux femmes se tiennent dans l’ombre. Vallotton transcende ce sujet assez banal grâce à son sens aigu de la forme et de la couleur, pour livrer une pure invention formelle, déconcertante et mystérieuse. Il en émane une grande impression de fraîcheur et de liberté.
Le Cimetière militaire de Chalons, 1917
Félix Vallotton, Le Cimetière militaire de Chalons, 1917 i Huile sur toile • 54 × 81 cm • Coll. BDIC La Contemporaine, Nanterre
Il s’agit d’un paysage peint dans un cimetière militaire de la zone armée, alors que la Grande Guerre fait rage. Vallotton a très bien exprimé dans son journal quelle avait été son ambition : « Je voulais noter cette expression parfaite du carnage mathématique qui est notre ordinaire depuis trois ans ». En effet, les croix pullulent par centaines, comme autant de combattants disparus. Ce signe de la croix, qui correspond à un ajout dans le langage mathématique, est aussi un symbole de mort et de désolation. À lire aussi : Quand Félix Vallotton faisait face à la Grande Guerre et en ramenait des œuvres hallucinantes