
MAURIZIO CATTELAN, COMEDIAN, 2019.

Le mercredi 20 novembre 2024, chez Sotheby’s New York, la banane scotchée à un mur blanc avec un morceau de ruban adhésif gris par l’artiste italien Maurizio Cattelan (né en 1960) a été adjugée pour la somme astronomique de 5,2 millions de dollars – 6,2 millions avec frais.
Depuis 2019, cette banane dénommée « COMEDIAN » ne cessait de faire parler d’elle.c
Un collectionneur français l’avait achetée 120 000 dollars. Cher pour une banane ! L’art contemporain a été, dès lors, facilement, vilipendé, art de riche, art sans sens, art sans art.On passe sur l’accusation de plagiat par l’artiste californien Joe Morford, auteur de Banana & Orange (2000).
Selon Beaux-Arts Magazine, cette banane a « été utilisée par des grévistes et des sans-abri pour dénoncer les inégalités économiques, et maintes fois parodiée sur les réseaux sociaux, la fameuse banane avait même été dévorée en 2019 à Art Basel Miami Beach par l’artiste américain d’origine géorgienne David Datuna, à l’occasion d’une performance intitulée Hungry Artist, puis de nouveau engloutie en 2023 par un étudiant coréen lors d’une exposition temporaire à Séoul. Gestes qui avaient accentué son caractère trivial et éphémère contrastant avec son prix faramineux ».
L’acquéreur à 6 millions, le milliardaire chinois Justin Sun, fondateur de la plateforme de cryptomonnaie Tron, doit respecter un cahier des charges : le fruit, accroché précisément à 175 centimètres du sol, à un angle de 37 degrés, doit être remplacé tous les sept à dix jours par un autre, processus de décomposition oblige.
Ce Justin Sun a déclaré :
« Il ne s’agit pas seulement d’une œuvre d’art, mais d’un phénomène culturel qui fait le lien entre les mondes de l’art, les mèmes internet et la communauté des cryptomonnaies. »
Bon, on connait les discours sur la provocation et les éclatements de l’art, l’urinoir de Duchamp et la « merde d’artiste de Manzoni en boite.
Beaucoup ont pu écrire des pages sur cet art contemporain.


On pourrait auisi gloser, interpréter, placer dans l’histoire ou l’épistémologie des règles artistiques.
On va éviter.
Il est peut-être simplement dommage que l’art contemporain donne une vision de lui-même à la mesure de sa critique. Tout se passe comme si la provocation se déroule dans une Cour de récré.
L’art contemorain mérite mieux. Duchamp intervenait dans le champ conceptuel, définitivement. On n’avait pas besopin d’une banane qui peut arriver à faire considérer que seul La Joconde est de l’art. Dommage. Ces italiens (Cattelan et Manzoni) sont assez merdiques. Un petit peu de haine de soi dans leur ADN, qui se faufile dans les corps dans cette immense patrie de l’art.
MB-D.